Ciné-discussion le jeudi 24 septembre 2026 à Ociné Maubeuge
« Parle-moi de ta santé mentale » est un documentaire sorti en 2025. Il a été réalisé par Pierre-Antoine Carpentier et a été produit par « Choisis ta planète TV », une association basée à Lille. Le film a reçu le label « Parlons santé mentale, grande cause nationale ».
Pierre-Antoine n’est pas un inconnu des adhérents de l’UTEL. En janvier 2023, il était venu à Ociné présenter son film « Parle-moi de ton âge », dans le cadre de nos ciné-discussions. Il y confrontait la perception de jeunes et de moins jeunes – dont plusieurs membres de l’UTEL – sur différents thèmes de la vie de tous les jours.
Ce jeudi, Pierre-Antoine, Maubeugeois de naissance et de cœur, nous a fait l’amitié de revenir nous voir, avec l’un de ses nouveaux films.
« Parle-moi de ta santé mentale » reprend l’approche déjà mise en œuvre dans « Parle-moi de ton âge » : au préalable et en concertation, le réalisateur élabore une série de thématiques, sous forme de questions, auxquelles des jeunes viennent répondre à tour de rôle, seuls en face de la caméra. Ces jeunes ne sont pas n’importe lesquels. Ils sont en souffrance et bénéficient de soins dans deux institutions à caractère psychiatrique, l’une dans les Bouches-du-Rhône et l’autre à proximité de Lille. Les entretiens sont complétés par des interviews de deux infirmières, deux éducateurs spécialisés et un médecin psychiatre.
Voici quelques exemples de questions frontales adressées aux jeunes : Comment t’es-tu rendu compte que ça n’allait pas ? Est-ce qu’aller mieux, c’est rapide ? Les médicaments, c’est pour les fous ? L’extraordinaire, et c’est là tout le talent de Pierre-Antoine, c’est que les jeunes n’esquivent pas les questions. Au contraire, ils répondent cash. Il apparaît même qu’ils reçoivent comme un cadeau cette occasion de s’exprimer et d’être écouté. Leur parole est vraie, spontanée, profonde. Cette soif de parole s’illustre par cette remarque du réalisateur : plus ou moins réticents lors de ses premières venues, des jeunes se sont présentés de plus en plus nombreux pour être filmés, tant le bouche à oreille leur donnait envie.
Pour des adultes comme nous, il est touchant de constater combien ces jeunes ont souffert : harcèlement scolaire, manque de dialogue dans la famille alors qu’ils en attendent beaucoup. Agés de 13 à 18 ans, ils font preuve, dans l’ensemble, de bien plus de maturité que leur permettrait leur âge. Comme s’ils n’avaient pas eu d’enfance. Et en même temps, ils sont pleins de vie et de confiance envers ceux qui prennent soin d’eux.
Les spectateurs qui se sont exprimés ont apprécié le documentaire. Certains ont témoigné de leur engagement auprès de jeunes en difficulté. Formons le souhait que ce film soit montré aux collégiens et aux lycéens de Maubeuge et des environs : il donne la pêche.
Cécile Sobieski-Dehon
