« Tout va bien » est un documentaire réalisé par Thomas Ellis, dont c’est le premier film en tant que réalisateur après une carrière de producteur. Sorti le 7 janvier 2026, il suit la vie de cinq jeunes de 14 à 16 ans originaires d’Afrique, arrivés à Marseille après un parcours dont on ne saura rien mais dont on se doute qu’il n’a pas été un long fleuve tranquille. La musique a été enregistrée par l’Orchestre philharmonique de l’Opéra de Marseille. Tourné pendant deux années, le film est proposé aux collégiens et lycéens de France, avec le soutien du ministère de l’Education Nationale.
Aminata avait 14 ans quand elle a fui la Guinée pour trouver sa liberté de femme. Junior Tano a débarqué en France après un dangereux périple depuis la Côte d’Ivoire. Khalil Fellague, 16 ans, algérien, ne parle pas français mais reste très déterminé. Les frères Abdoulaye Cissé, 14 ans, et Tidiane Bane, 16 ans, viennent eux aussi de Côte d’Ivoire et font tout pour ne pas être séparés. Etiquetés « mineurs isolés », tous ont une famille restée au pays avec laquelle ils entretiennent des relations téléphoniques plus ou moins harmonieuses. Pour les rassurer, ils leur répètent volontiers que « tout va bien ». Ce n’est évidemment pas le cas : on n’échappe pas à la tristesse de la séparation ni au choc des cultures en pareille situation.
Au lieu d’un discours général sur l’immigration, le film s’attache à des individualités. Chacun des protagonistes a une histoire différente, des motivations différentes, des ambitions différentes, tout comme les adolescents d’ici.
La discussion permet de souligner la motivation et la force de caractère des cinq jeunes, ainsi que la qualité de l’encadrement qui leur est proposé. Tournés vers l’avenir, ils s’inscrivent dans un parcours de formation, vers des métiers en tension.
Une éducatrice de l’ALEFPA, organisme qui s’occupe de 60 jeunes exilés mineurs à Maubeuge et les environs, juge le film fidèle à ce que vivent les jeunes et à leurs façons d’exprimer leur souffrance. Ils se donnent les moyens de réussir, le plus dur étant souvent l’apprentissage de la langue.
Idrissa, jeune Guinéen de 23 ans vivant à Maubeuge, témoigne de son expérience. Il est arrivé en France à 13 ans, en passant par le Maghreb, la Méditerranée et l’Italie. A la mort de son père en Guinée, il a interrompu sa scolarité, faute d’argent. Il aurait voulu devenir militaire mais c’est impossible. Il se forme actuellement à la chaudronnerie, pour devenir soudeur. Il ne sait quel sera son avenir mais aimerait retourner travailler au pays.
A l’unisson de la séquence finale du film et des propos du pape François, la discussion se clôt de manière positive en jugeant que la France est un pays accueillant et en souhaitant que vive la fraternité.
Cécile Sobieski-Dehon
