A l’initiative du Ministère de la Culture, et pour leur 10ème édition,   » les Nuits de la Lecture«  avaient pour thème cette année «  les Villes et les Campagnes «  
 
Pour cet évènement, le club de lecture et l’atelier d’écriture de l’Utel avaient choisi de restituer des textes d’auteurs, d’alterner des citations, et même d’écrire et de composer des textes personnels.
 
Le Jeudi 22 Janvier 2026 , les auteurs suivants nous ont emmené en balade à travers leurs  œuvres :
* Marcel Pagnol  dans  » Manon des sources « .
* Cécile Coulon dans « Croire qu’au matin tout est nouveau « .
* Colette dans  « Les vrilles de la  vigne « 
* Sylvain Tesson dans « Sur les chemins noirs « .
* Menton, « perle de France « dans le sillage de quelques écrivains ...
 
Les poèmes nous ont aussi emmené dans un voyage de rêve et d’évasion :
* « Le chant des villes  » d’ Andrée Chédid .
* « Contrastes  » de Kamal Zerdoumi .
* « Midi au village » de François Sully Prud’homme .
* « Conversation avec la pierre  » de Wislawa Szymborska .
et pour un moment  de rire et d’humour , nous avons écouté avec joie :
* la fable « Le rat des villes et le rat des champs » de Jean De la Fontaine .
* le sketch « Où courent-ils ? » de Raymond Devos 
 
Pour terminer, que la lecture soit pour tous une porte ouverte sur des découvertes et des rêves infinis !…
Voici  quelques  compositions personnelles de nos  amis de l’atelier d’écriture, à l’occasion des « Nuits de la lecture  » de l’UTEL.

Les arbres

Vous habillez nos villes et nos campagnes.
Joyaux de la nature
Vous étalez votre parure,
Vous vous dressez sur le bord des chemins,
Vous décorez nos jardins.
Au printemps, votre feuillage resplendit,
Les oiseaux viennent y faire leur nid,
C’est un bonheur d’entendre leurs gazouillis.
Vous les arbres,
Savez-vous
Que l’on vous pare de mille vertus,
Savez-vous
Qu’il y en a même certains
Qui racontent que vous êtes humains.
Que vous parlez entre vous,
Que vous pouvez nous faire un bien fou,
Que la sève qui coule dans vos veines
Rend nos âmes sereines.
Parfois, l’on vous serre dans nos bras,
On vous délivre nos peines tout bas,
Nos secrets l’on vous confie
Et notre âme s’épanouit.
Alors, soudain le bonheur
Envahit notre cœur.
Et c’est grâce à vous, les arbre

Qui habillez nos villes et nos campagnes.

Ann Mary décembre 2025

Villes et campagnes

 

 Rase campagne d’hiver

Aux champs chagrins de froid

Et la ville illuminée chante

La veillée de Noël

Mais la ferme centenaire résiste

Dans le vent farouche

Des chandeliers sur la vieille table

Longue et recouverte

D’une nappe blanche brodée

Les bêtes au chaud dans l’étable

Les deux habitants vieux et isolés

Se réchauffent en se remémorant

Les années enfuies de jeunesse

Le labeur incessant quotidien

Les enfants partis au loin

Dans des villes fantastiques

Qui retiennent leurs proies

Et la vieillesse est ce refuge

Enfermée dans ces murs

Qui retiennent leur souffle

Le couple se tait et écoute

Les sourires se partagent

Et dans la nuit profonde

Rafales et pluies incessantes

Les emmènent malgré eux

Vers leur monde intérieur

D’enfance éblouie de cachettes, de paysages et de forêts

Remplie de joie et de bonheur

  

Elisabeth J

 24 novembre 2025

Le pauvre leu

 

Un jour, alors que dans la chapelle, nous étions,

Avec monsieur de La Fontaine, en cercle,

Icelui déclamait ses fables que nous écoutions

Émerveillés d’une aussi belle redécouverte ;

 

Un loup survint à jeun qui cherchait un refuge ;*1

Ce misérable n’avait que les os et la peau.

Il alla droit au cellier amplement garni de buffets,

N’y trouva que baies et feuilles de thé.

— Et quoi les hommes ne font-ils plus bonne chère

Des civets et gibiers ou viandes grasses de naguère ?

Dépité, il alla se vautrer au pied d’un calorifère,

Parmi les bourres de fil laissés par les dentellières.

 

Cependant la troupe l’encerclait et le dévisageait :

Voyez comme son habit est pelé !

Il amène en ces lieux la gale, et la peste qui sait ?

Que ne reste-t-il donc chez lui,

Au lieu d’envahir notre territoire ?

De pays, je n’en ai plus, répondit le visiteur,

Vous avez remplacé les forêts par des cités-dortoirs,

Couvert de mille commerces les prés des agneaux,

Construit des prisons autour des bestiaux,

Epuisé la nature qui me tenait de nourriture.

 

Un être pétri d’humanité,

(S’il en est de tels dans ce monde),*2

Se pencha sur son sort,

Et promis gîte et couvert,

Chaque soir qu’il ferait froid ;

Vous n’aurez qu’à remettre,

Ce ticket à qui de droit.

 

Merci mon prince dit l’animal,

Mais que ferai-je dans un asile,

Alors que ma constitution est pour le dehors ?

Si vous voulez me rendre la vie facile,

Recréez pour ma race les anciens décors.

Hélas, répondit le maître alors,

Tout comme vous, je le déplore,

Mais ne reconnaît en l’affaire aucun tort ;

Ne pleurez plus sur votre passé à présent dépassé,

Vivez au gré du vent de notre modernité,

Où tout se fait d’un clic sans effort.

 

La moralité, s’il fallait en trouver une,

Est que l’homme qui a détruit ce que les dieux ont fait,

Se dupe allègrement lui-même des effets de ses forfaits.

 

Christian Motte

*1 tiré de Le loup et l’agneau

*2 tiré de Le loup et le berger

Retour sur la nuit de la lecture du 22 janvier 2026