Les arbres
Vous habillez nos villes et nos campagnes.
Joyaux de la nature
Vous étalez votre parure,
Vous vous dressez sur le bord des chemins,
Vous décorez nos jardins.
Au printemps, votre feuillage resplendit,
Les oiseaux viennent y faire leur nid,
C’est un bonheur d’entendre leurs gazouillis.
Vous les arbres,
Savez-vous
Que l’on vous pare de mille vertus,
Savez-vous
Qu’il y en a même certains
Qui racontent que vous êtes humains.
Que vous parlez entre vous,
Que vous pouvez nous faire un bien fou,
Que la sève qui coule dans vos veines
Rend nos âmes sereines.
Parfois, l’on vous serre dans nos bras,
On vous délivre nos peines tout bas,
Nos secrets l’on vous confie
Et notre âme s’épanouit.
Alors, soudain le bonheur
Envahit notre cœur.
Et c’est grâce à vous, les arbre
Qui habillez nos villes et nos campagnes.
Ann Mary décembre 2025
Villes et campagnes
Rase campagne d’hiver
Aux champs chagrins de froid
Et la ville illuminée chante
La veillée de Noël
Mais la ferme centenaire résiste
Dans le vent farouche
Des chandeliers sur la vieille table
Longue et recouverte
D’une nappe blanche brodée
Les bêtes au chaud dans l’étable
Les deux habitants vieux et isolés
Se réchauffent en se remémorant
Les années enfuies de jeunesse
Le labeur incessant quotidien
Les enfants partis au loin
Dans des villes fantastiques
Qui retiennent leurs proies
Et la vieillesse est ce refuge
Enfermée dans ces murs
Qui retiennent leur souffle
Le couple se tait et écoute
Les sourires se partagent
Et dans la nuit profonde
Rafales et pluies incessantes
Les emmènent malgré eux
Vers leur monde intérieur
D’enfance éblouie de cachettes, de paysages et de forêts
Remplie de joie et de bonheur
Elisabeth J
24 novembre 2025
Le pauvre leu
Un jour, alors que dans la chapelle, nous étions,
Avec monsieur de La Fontaine, en cercle,
Icelui déclamait ses fables que nous écoutions
Émerveillés d’une aussi belle redécouverte ;
Un loup survint à jeun qui cherchait un refuge ;*1
Ce misérable n’avait que les os et la peau.
Il alla droit au cellier amplement garni de buffets,
N’y trouva que baies et feuilles de thé.
— Et quoi les hommes ne font-ils plus bonne chère
Des civets et gibiers ou viandes grasses de naguère ?
Dépité, il alla se vautrer au pied d’un calorifère,
Parmi les bourres de fil laissés par les dentellières.
Cependant la troupe l’encerclait et le dévisageait :
Voyez comme son habit est pelé !
Il amène en ces lieux la gale, et la peste qui sait ?
Que ne reste-t-il donc chez lui,
Au lieu d’envahir notre territoire ?
De pays, je n’en ai plus, répondit le visiteur,
Vous avez remplacé les forêts par des cités-dortoirs,
Couvert de mille commerces les prés des agneaux,
Construit des prisons autour des bestiaux,
Epuisé la nature qui me tenait de nourriture.
Un être pétri d’humanité,
(S’il en est de tels dans ce monde),*2
Se pencha sur son sort,
Et promis gîte et couvert,
Chaque soir qu’il ferait froid ;
Vous n’aurez qu’à remettre,
Ce ticket à qui de droit.
Merci mon prince dit l’animal,
Mais que ferai-je dans un asile,
Alors que ma constitution est pour le dehors ?
Si vous voulez me rendre la vie facile,
Recréez pour ma race les anciens décors.
Hélas, répondit le maître alors,
Tout comme vous, je le déplore,
Mais ne reconnaît en l’affaire aucun tort ;
Ne pleurez plus sur votre passé à présent dépassé,
Vivez au gré du vent de notre modernité,
Où tout se fait d’un clic sans effort.
La moralité, s’il fallait en trouver une,
Est que l’homme qui a détruit ce que les dieux ont fait,
Se dupe allègrement lui-même des effets de ses forfaits.
Christian Motte
*1 tiré de Le loup et l’agneau
*2 tiré de Le loup et le berger










