Jeudi 24 novembre 2022 - Ciné Discussion – "J'ai aimé vivre là" d'après des textes d'Annie Ernaux - Nobel 2022 - O'Ciné - 14h30

Dans la ville nouvelle beaucoup de gens arrivent d’ailleurs, se mélangent, trouvent une place. Leurs histoires se croisent et s’incarnent ici à Cergy, où Annie Ernaux a écrit l’essentiel de son œuvre nourrie de l’observation des autres et de son histoire intime.

 

 

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Véronique club lecture UTEL :

 

J’ai aimé vivre là : film de Régis Sauder Ciné discussion UTEL 24 novembre 22

 

Le documentaire J’ai aimé vivre là est né d’une rencontre de Régis Sauder avec Annie Ernaux et ses écrits. Le réalisateur Régis Sauder a d’abord découvert et lu les livres de l’écrivaine qui l’ont beaucoup inspiré, notamment pour son film précédent Retour à Forbach, un documentaire de 2017 où il évoque cette ville de l’est où il est né en 1970. Plus tard, Régis Sauder est venu présenter ce film dans le cinéma que fréquentait Annie Ernaux et celle-ci a demandé à le voir, elle lui a dit qu’elle aimait son film Retour à Forbach et qu’elle voulait lui montrer sa ville à elle, Cergy-Pontoise où elle habite depuis 1977. Alors le réalisateur et l’écrivaine se sont promenés dans cette singulière ville nouvelle créée il y a 50 ans. Cette balade a donné l’idée à Régis Sauder de réaliser un film cette fois sur Cergy. Il a monté un atelier avec des jeunes dans cette ville et fait circuler autour de lui des textes extraits des livres d’Annie Ernaux comme Le journal du dehors, La vie extérieure, Regarde les lumières mon amour où l’autrice a noté et analysé à sa manière des scènes de vie, des moments de rencontre dans Cergy. Et Régis Sauder s’est aperçu que les gens lorsqu’ils lisaient, se reconnaissaient dans les écrits d’Annie Ernaux, ils reconnaissaient leur propre expérience de vie, leur histoire dans cette ville. Et c’était très beau ! Alors, Régis Sauder s’est mis pendant 2 ans à écrire et tricoter avec les mots de l’écrivaine un scénario pour raconter Cergy, sa singularité, son histoire et celle de tous ses habitants, ceux qui y habitent depuis longtemps comme Annie Ernaux et d’autres plus jeunes qui un jour vont la quitter pour faire ailleurs des études, mais qui disent tous ou diront en partant J’ai aimé vivre là.

A la sortie de ce film en 2021, Annie Ernaux n’avait pas encore reçu le prix Nobel de littérature. Celle qui est née en 1940 en Normandie dans un milieu modeste, qui a fait des études, est devenue professeure et a commencé en cachette à écrire après son agrégation de lettres, s’est posée et reste attachée à Cergy. Ses livres racontent, à partir de son expérience personnelle, à partir d’observations et de réflexions, la société, la condition féminine et la vie ordinaire. Ainsi, Annie Ernaux a inventé une nouvelle littérature qui n’emprunte pas à la fiction, qui n’est pas non plus vraiment autobiographique et peut s’apparenter à la sociologie et cette littérature à l’écriture différente dérange ou passionne, interroge ou émeut. En tous les cas, dans ce film réalisé et construit par Régis Sauder, Annie Ernaux s’efface derrière ses textes dont s’emparent les habitants qui en lisant font le récit authentique de leur ville. 

 

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« J’ai aimé vivre là »

Ciné-discussion le jeudi 24 novembre 2022 à Ociné Maubeuge

 

Cécile Sobieski-Dehon

 

« J’ai aimé vivre là » est un documentaire de Régis Sauder sorti en 2021 et tourné dans la ville nouvelle de Cergy-Pontoise, principalement dans le quartier de la Préfecture. Il fait suite à une rencontre du réalisateur avec Annie Ernaux qui avait apprécié le précédent film de Régis Sauder et l’avait invité à découvrir avec elle la ville de Cergy. Elle y vit depuis 1977 et y écrit son œuvre, désormais couronnée par le Prix Nobel de littérature décerné en octobre 2022.

 

Au moment où la ville nouvelle de Cergy-Pontoise fête les 50 ans de sa création, le film suit des habitants dans leur quotidien. Venus d’autres régions françaises ou d’autres pays aux cultures différentes, ils se sont appropriés leur cadre de vie et le font vivre dans une harmonie apparente. Des écrits d’Annie Ernaux ponctuent le film, dont certains lus par des habitants. Le film porte un regard poétique sur la ville de Cergy et ses habitants, teinté d’une bienveillance manifeste.

 

Le film a été choisi conjointement par le groupe de l’UTEL qui prépare les ciné-discussions, et le groupe « lecture » de notre association. Ce dernier a travaillé sur l’adaptation d’œuvres littéraires au cinéma et a présenté ses travaux lors d’un cercle littéraire le jeudi 17 novembre dernier à la Chapelle des Sœurs Noires. Le choix du film de ce jour s’inscrit dans la continuité de la démarche.

 

Les spectateurs qui se sont exprimés à l’issue de la projection ont apprécié le film qui donne une image de la banlieue radicalement différente de celle souvent colportée par les médias. Il montre un monde multiculturel dans lequel n’apparaissent aucuns conflits. Dans un univers de béton, les habitants créent une vie au sein de laquelle chacun parvient à trouver son espace de paix. La nature, très domestiquée mais présente malgré

l’urbanisation, y joue un rôle important. L’image du violoncelle sous les arbres restera dans nos mémoires.

 

Le film ne délivre-t-il pas un regard biaisé sur la ville nouvelle ? Les difficultés des habitants ne sont pas

beaucoup abordées. Certes. Mais le film, avec son regard positif sur les gens et leur cadre de vie, nous fait du

bien et donne à voir qu’il est possible de vivre ensemble.

 

 

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